Cinéma-audiovisuel en Île-de-France : hausse spectaculaire de l'emploi

Amorcée en 2015, la croissance de l’emploi en Île-de-France dans les métiers de la création audiovisuelle s'est confirmée et amplifiée en 2016 et 2017. Grâce à plus de productions françaises et étrangères, et au soutien de la Région notamment.

Photo : tournage de la série TV Versailles © Tibo & Anouchka/Capa Drama/Zodiak Fiction/Incendo/Canal+

Alors que l'étude 2017 de l’Observatoire de la production audiovisuelle et cinématographique annonçait une reprise de l’activité en Île-de-France, celle de 2018, publiée ce 2 mai par la Commission du film d'Île-de-France et le groupe Audiens, confirme la forte croissance du secteur en Île-de-France.

La hausse des emplois en CDI et CDDU (CDD d'usage, c'est-à-dire CDD sans limitation de durée) observée en 2016 n'a jamais été aussi importante depuis dix ans :

  • +11% pour les CDI (1.500 créations sur les près de 15.000 recensés),
  • +6% pour les emplois équivalent temps plein (ETP), soit un total de près 31.120 désormais.

Plusieurs facteurs expliquent ce regain d’activité malgré une stabilité de l’investissement dans la production cinématographique française et une baisse du nombre total de semaines de tournage :

  • Les productions françaises se tournent de plus en plus… en France
    • Relocalisation significative des tournages de films français : le taux de délocalisation passe en 2016 de 36% à 22% avec une hausse + 7 % pour les semaines de tournage en France. Le nombre de semaines de tournage en France pour les productions audiovisuelles progresse de 30%. Cette tendance se poursuit en 2017 avec des films à gros budget comme Santa & Cie d’Alain Chabat (avec de fortes dépenses en effets visuels) ou encore Dans la brume de Daniel Roby, Un peuple et son roi de Pierre Schoeller et Vidocq, l’empereur de Paris de Jean-François Richettous, tous les trois soutenus par la Région Île-de-France. 
    • La production hors norme de Luc Besson, Valerian et la Cité des mille planètes a généré 75 M€ de dépenses en France et 450 emplois en 100 jours de tournage.
    • L’effet combiné du crédit d’impôt et du Fonds de soutien de la Région Île-de-France a permis de localiser plusieurs grosses productions en France comme Au revoir là-haut d’Albert Dupontel (tournage et effets visuels) et des séries françaises comme Le Bureau des légendes et Versailles, tournées en grande partie dans des studios franciliens (Bry-sur-Marne et La Cité du Cinéma).
       
  •  De plus en plus de productions étrangères sont tournées en France
    • Les studios de création numérique franciliens ont la cote auprès des producteurs étrangers. Les talents, le savoir-faire et une fiscalité attractive (le crédit d’impôt international est passé en 2016 de 20 à 30%) sont le tiercé gagnant pour attirer les productions étrangères en France en matière d'animation et d'effets visuels. En animation, au-delà de l’exemple bien connu d’Illumination Mac Guff (Moi, moche et méchant 3), d’autres studios tels que Mikros (Captain Underpants), Cube ou TeamTO réalisent de plus en plus de prestations pour le compte de donneurs d’ordre étrangers. En 2017, la tendance se poursuit avec notamment Sherlock Gnomes pour Mikros, Playmobil pour ON Entertainment, et l’industrie des effets visuels FX n’est pas en reste avec sa participation à Blade Runner 2049 ou American Gods (BUF).
    • Le retour des tournages étrangers en Île-de-France. En 2016, c'était par exemple le film indien Befikre de Aditya Chopra avec 6 M€ de dépenses en France pour 55 jours de tournage, 50 Shades Freed de James Foley pour un tournage à l’Opéra Garnier et au Louvre, et Jackie de Pablo Larrain avec Natalie Portman, tourné en grande partie dans les Studios de Paris de la Cité du Cinéma (avec des effets visuels fabriqués par la société Digital District). Pour 2017, citons Mission Impossible 6 de Christopher Mc Quarrie (25 M€ de dépenses avec 35 jours de tournages et l’embauche de plus de 300 techniciens français), The 15:17 to Paris de Clint Eastwood (tourné en Île-de-France et dans les Hauts-de-France), At Eternity’s Gate de Julian Schnabel (tourné dans le Val-d’Oise), mais aussi des séries TV telles que Sense 8 pour Netflix et Patriot pour Amazon Studio.

       

Et pour ce qui est de 2018 ? Ce devrait être une année de consolidation, notamment grâce à l’activité internationale. Quelques bémols à relever cependant : les difficultés financières rencontrées par certaines grosses sociétés de production et la faible structuration du secteur de la production cinématographique française peuvent freiner la croissance des investissements et le développement de films à gros budgets, à même de doper l’emploi dans le secteur.

Agnès Evren, vice-présidente de la Région Île-de-France chargée de la Culture, du Patrimoine et de la Création, se réjouit en tout cas que « la réforme du Fonds de soutien stimule, dans un même élan, la diversité de la création, la structuration de la filière et son développement économique ». « Avec un budget dédié de 20,5 M€, en hausse de 20% en deux ans, notre ambition est de devenir la première région d’Europe en matière de soutien à la production cinématographique et audiovisuelle », rappelle-t-elle.

 

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